DESCRIPTION DU PARC NATIONAL ANKARAFANTSIKA
Carte de localisation d’Ankarafantsika
Localisation :
Le site est situé dans le nord-ouest de Madagascar, dans la région Boeny.
Coordonnées géographiques :
Il s’étend entre les longitudes 46°36’0.0’’ et 47°12’0.0’’ Est, ainsi qu’entre les latitudes 16°12’0.0’’ et 16°24’0.0’’ Sud.
Superficie :
La superficie totale est estimée à 136 513 hectares (source : SAPM/SAPM_AP_MADA.shp).
Districts concernés :
Le territoire couvre les districts de Marovoay et d’Ambato Boeny.
Gestion administrative :
La gestion du site est assurée par Madagascar National Parks (MNP), en cogestion avec les communautés locales.
Communes rurales voisines :
Les communes limitrophes sont Andranofasika à l’est et Marosakoa à l’ouest.
Route principale :
La Route Nationale n°4 (RN4) constitue l’axe routier principal traversant le parc.
Villages traversés par la RN4 :
Les villages concernés sont Ambodimanga, Ampijoroalava, Ampombolava, Ambikakely et Befotoana.
La population autochtone de la région est le Sakalava. Ces dernières années, la région connaît une migration croissante en provenance d'autres parties de Madagascar, notamment du grand sud. Ce mouvement migratoire, orienté du sud vers le nord-ouest, est principalement motivé par les conditions climatiques défavorables qui touchent les régions d’origine.
L’abondance de terres exploitables pour diverses activités agricoles, ainsi que les opportunités économiques offertes par la présence du parc national, attirent de nombreux migrants à la recherche de meilleures conditions de vie.
Le parc national d’Ankarafantsika se situe à une altitude moyenne de 250 mètres, avec des points culminants atteignant 350 mètres. Le paysage est dominé par une mosaïque de forêts sèches denses, de savanes arborées, ainsi que de milieux lacustres, ce qui confère au parc une grande diversité écologique.
Cette diversité d’habitats favorise une biodiversité exceptionnelle, aussi bien terrestre qu’aquatique. Parmi les éléments emblématiques du parc, le lac Ravelobe se distingue particulièrement et contribue à la renommée d’Ankarafantsika.
Le parc national d’Ankarafantsika abrite une grande variété d’écosystèmes, dont plusieurs sont endémiques à Madagascar. On y trouve notamment :
- 127 espèces d’oiseaux dont 1 en danger critique (le pygargue malgache – ankoay), 6 en danger (ex : le busard de Madagascar et le grèbe malgache), 2 vulnérables (ex : la glaréole malgache)
- 520 espèces de plantes 352 endémiques de Madagascar (71%) : 2 en danger critique, 3 en danger et 1 vulnérable / 6 endémiques locales (1%)
- 11 espèces de chauves-souris dont 2 vulnérables (ex : renard volant de Madagascar)
- 13 espèces d’amphibiens
- 8 espèces de lémuriens dont 2 en danger critique, 1 en danger et 2 vulnérables
- 3 espèces de carnivores dont 2 vulnérables (ex : le fosa)
- 64 espèces de reptiles dont 5 endémiques locales avec 3 espèces en danger ; 3 autres espèces en danger et 3 espèces vulnérables
- 11 espèces d’autres mammifères dont 1 endémique locale classée en danger
Avant même les impacts des phénomènes naturels tels que le changement climatique, les activités humaines exercent une pression considérable sur le parc national d’Ankarafantsika. L’expansion des zones d’habitation et des terres agricoles empiète progressivement sur le territoire du parc, menaçant son intégrité écologique.
Par ailleurs, l’exploitation forestière sous forme de production de charbon de bois et de coupe de bois pour la construction s’intensifie. Ces pratiques entraînent une réduction significative de la superficie forestière et compromettent l’équilibre des écosystèmes.

Source : ARAKE, Septembre 2024
L’une des conséquences les plus préoccupantes de ces activités est la recrudescence des incendies de forêt, souvent d’origine humaine. Ces feux, parfois intentionnels ou accidentels, provoquent des dégâts étendus tant sur la surface que sur la richesse en biodiversité, avec des effets souvent irréversibles.
Parmi les nombreux parcs de Madagascar, Ankarafantsika se distingue par sa richesse exceptionnelle en biodiversité. Toutefois, il fait face à de nombreuses pressions et menaces, qu’elles soient naturelles ou anthropiques. Pour préserver durablement ce patrimoine écologique, il est essentiel de mettre en place des stratégies efficaces de conservation et de développement. La réussite de ces actions repose sur une collaboration renforcée entre les communautés locales, les autorités gouvernementales et l’ensemble des acteurs concernés.

